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Prix d’une course de taxi : comment se calcule un tarif réglementéPrise en charge, tarif kilométrique, heure d’attente, lettres du taximètre et suppléments encadrés
Le prix d’une course de taxi ne s’improvise pas : il découle d’un barème public, révisé chaque année et contrôlé. Comprendre la prise en charge, le tarif kilométrique et les quatre lettres du taximètre permet de lire sa note sans mauvaise surprise.
Un barème public, pas un prix négocié
Le taxi occupe une place singulière parmi les modes de transport : c’est l’un des rares services dont le prix est encadré par la puissance publique. Chaque année, un arrêté ministériel relatif aux tarifs des courses de taxi fixe les montants maximaux applicables sur l’ensemble du territoire. Ce texte national est ensuite décliné département par département par un arrêté préfectoral, qui précise les valeurs réellement appliquées, la manière dont le taximètre doit être réglé et la liste limitative des suppléments autorisés. Dans le Var, c’est donc la préfecture qui arrête le cadre auquel chaque professionnel doit se conformer, sans pouvoir le dépasser ni y ajouter une majoration de son invention.
Cette organisation a une conséquence directe pour le voyageur : le montant affiché à la fin d’une course n’est pas une opinion, c’est le résultat d’un calcul. Le taximètre, appareil homologué et soumis à une vérification périodique, additionne trois éléments distincts — une prise en charge, une part proportionnelle à la distance parcourue et une part proportionnelle au temps écoulé lorsque la voiture roule très lentement ou reste à l’arrêt. À ces trois éléments s’ajoutent, le cas échéant, des suppléments encadrés, et un minimum de course en dessous duquel la somme demandée ne descend jamais. Rien d’autre ne peut légalement figurer sur la note.
Comprendre cette mécanique change la façon d’aborder une réservation. On cesse de chercher le meilleur prix entre deux taxis d’un même département, puisque le barème leur est commun, et l’on s’intéresse à ce qui fait réellement varier une note : l’heure de départ, le jour de la semaine, la distance à parcourir, la fluidité de la circulation et le fait que le véhicule reparte à vide ou non. C’est aussi ce qui explique la prudence d’un professionnel sérieux lorsqu’on lui réclame un montant ferme au téléphone : il peut donner un ordre de grandeur documenté, mais le chiffre définitif appartient à l’appareil, pas à la conversation.

Les trois composantes de toute course
La prise en charge est la somme initiale inscrite au compteur au moment où la course démarre. Elle couvre la mise à disposition du véhicule et ne dépend ni de la distance ni de la durée. Vient ensuite le tarif kilométrique : le taximètre avance d’un cran, ce que le métier appelle une chute, à chaque fraction de distance parcourue.
Le troisième élément est le tarif horaire, souvent appelé heure d’attente ou marche lente. En dessous d’une certaine vitesse, il devient plus juste de facturer le temps que la distance : le compteur bascule sur le décompte horaire, puis revient au kilométrique dès que la voiture retrouve un rythme normal. Un ralentissement prolongé, un passage à niveau ou une attente demandée par le client relèvent de ce mécanisme.
- Prise en charge : montant de départ, identique pour toutes les courses relevant de la même catégorie tarifaire.
- Tarif kilométrique : part proportionnelle à la distance, décomptée par chutes successives du taximètre.
- Tarif horaire : facturation du temps dès que la vitesse tombe sous le seuil de bascule, arrêts compris.
- Minimum de course : somme plancher perçue lorsque le calcul aboutit à un montant inférieur.
- Suppléments : uniquement ceux que l’arrêté préfectoral autorise, affichés dans le véhicule et détaillés sur la note.
Lire son taximètre et sa note sans se tromper
Quatre tarifs, quatre lettres au compteur
Le taximètre affiche en permanence la lettre du tarif appliqué, et cette lettre n’est pas choisie au hasard. Deux critères se croisent. Le premier est temporel : on distingue la période de jour en semaine de la période dite de nuit, à laquelle sont assimilés les dimanches et les jours fériés. Le second tient au sens de la course : le tarif diffère selon que le trajet permet un retour en charge ou impose au véhicule de revenir à vide, des kilomètres que personne ne paiera. La combinaison de ces deux critères donne les quatre lettres classiques. A correspond à une course de jour avec retour en charge, B à la même course en période de nuit, le dimanche ou un jour férié, C à une course de jour avec retour à vide, et D à cette dernière hypothèse en période nocturne, dominicale ou fériée. Un long trajet vers un aéroport relève très souvent des lettres C ou D, ce qui explique qu’il paraisse proportionnellement plus élevé qu’une course de proximité de même distance.
Le minimum de course
Pour les trajets très courts, l’addition de la prise en charge et de quelques chutes kilométriques aboutirait à une somme sans rapport avec le temps réellement mobilisé. La réglementation prévoit donc un minimum de course : lorsque le calcul du taximètre reste inférieur à ce plancher, c’est le plancher qui est perçu. Ce montant est lui aussi fixé par arrêté, il est identique pour tous les taxis d’un même département et il inclut la prise en charge. Il ne s’agit ni d’une pénalité ni d’un forfait déguisé, simplement de la reconnaissance qu’une course de quelques centaines de mètres immobilise un véhicule et un professionnel presque autant qu’un trajet un peu plus long.
Ce que la note peut, et ne peut pas, contenir
Les suppléments sont limitativement énumérés par l’arrêté préfectoral. Ils concernent classiquement les passagers supplémentaires au-delà d’un certain nombre, les bagages volumineux ou nombreux, et parfois la prise en charge dans des lieux précisément désignés. Chaque supplément doit être affiché dans le véhicule, annoncé au client et détaillé sur la note. À l’inverse, aucun frais de réservation improvisé, aucune majoration liée au carburant et aucune commission ne peuvent s’ajouter au compteur. Les tarifs applicables et les suppléments autorisés doivent être portés à la connaissance du client par un affichage lisible à l’intérieur de la voiture : c’est le premier réflexe de vérification, avant même de discuter du montant final.
Pourquoi un professionnel ne vous annonce pas un prix ferme au téléphone
La question revient à chaque appel, et elle est parfaitement légitime. La réponse tient à la nature même du barème : le montant dépend d’une distance qui varie selon l’itinéraire réellement praticable, d’un temps de parcours que la circulation modifie, et d’une lettre de tarif que l’heure de départ détermine. Annoncer un chiffre au centime près avant de partir reviendrait à promettre quelque chose que l’appareil risque de démentir. Un chauffeur honnête donne donc une fourchette argumentée, précise la lettre de tarif qui s’appliquera compte tenu de l’horaire, et remet ensuite une note conforme au calcul. S’entendre répondre que le prix exact sera celui du taximètre n’est pas une dérobade : c’est le signe que la règle est respectée. Pour un déplacement prescrit par un médecin, la logique diffère encore, puisque la facturation obéit alors à la convention conclue avec l’Assurance Maladie.
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Ni le chauffeur, ni l’entreprise. Un arrêté ministériel publié chaque année fixe les montants maximaux applicables aux courses de taxi sur tout le territoire, puis un arrêté préfectoral les décline dans chaque département, ici le Var. Ce texte détermine la prise en charge, le tarif kilométrique, le tarif horaire, le minimum de course et la liste limitative des suppléments autorisés. Le taximètre, appareil homologué et vérifié périodiquement, se contente d’appliquer ce barème. Le professionnel ne peut ni dépasser ces plafonds, ni ajouter une majoration qui n’y figure pas.
Parce que le barème distingue deux périodes. La période dite de jour couvre la semaine aux heures ordinaires ; la période dite de nuit, à laquelle sont assimilés les dimanches et les jours fériés, correspond à une disponibilité plus contraignante pour le conducteur. Le taximètre bascule alors sur une lettre de tarif différente, prévue par l’arrêté. Ce n’est donc pas une majoration décidée au cas par cas mais un tarif distinct, affiché dans le véhicule et identique pour tous les taxis relevant du même arrêté préfectoral.
C’est un montant plancher fixé par arrêté. Lorsque l’addition de la prise en charge et des chutes kilométriques aboutit à une somme inférieure à ce plancher, c’est le plancher qui est perçu. Le mécanisme concerne les trajets très courts, pour lesquels le calcul strict ne refléterait pas le temps réellement mobilisé : approche, prise en charge, chargement des bagages, dépose. Ce minimum inclut la prise en charge, il est identique pour tous les taxis du département et il n’a rien d’un forfait décidé par le conducteur.
Pour une course réservée, un professionnel peut convenir d’un prix à l’avance, à condition que celui-ci ne soit pas supérieur à ce que le taximètre aurait affiché en appliquant le barème réglementaire. Autrement dit, un engagement anticipé ne peut jouer qu’en faveur du client. En pratique, la plupart des chauffeurs préfèrent annoncer une fourchette argumentée en précisant la lettre de tarif qui s’appliquera, car la distance réellement parcourue et la circulation restent des variables qu’aucun devis ne maîtrise entièrement.
Trois réflexes suffisent. Regardez l’affichage obligatoire à l’intérieur du véhicule : il reprend les tarifs en vigueur et les suppléments autorisés. Vérifiez la lettre affichée par le taximètre et demandez, si besoin, pourquoi c’est celle-là compte tenu de l’heure et du sens de la course. Enfin, lisez la note remise en fin de course : elle détaille le montant du taximètre et chaque supplément ligne par ligne. Une somme qui n’apparaît nulle part sur cet affichage n’a pas lieu d’être réclamée.
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